On devrait rire, et même souvent, dans le futur Musée international de la Réforme, le MIR, installé dans les murs rénovés de la Maison Fallet à la cour Saint-Pierre. Riant dans sa scénographie, riant dans son projet. Car si la silhouette de Jean Calvin vous accueille, Jean-Jacques Rousseau se profile à l'horizon. Hier, Olivier Fatio, président du conseil de fondation de l'institution, introduisait la nouvelle directrice – Isabelle Graesslé, 45 ans, théologienne et pasteure –, exposait l'état des travaux et annonçait la date d'inauguration – le 15 avril prochain – ainsi que l'immense fête offerte aux Genevois deux journées durant (les 16 et 17) sur la place de la Cathédrale, où l'on verra l'humoriste Bernard Haller se produire en chaire.

Œuvre de transmission

Ce musée a longtemps manqué à Genève. Paradoxalement ou significativement, il ouvre en un temps où «le monde entretient une relation troublée avec la religion», remarque Isabelle Graesslé. Il fera primordialement œuvre de transmission. Or transmettre l'histoire, n'est-ce pas, en dépit des crises contemporaines, envisager l'avenir, oser une vision? Il montrera que «le mouvement protestant, tout en restant attaché au passé, possède en lui, toujours vivant, un ferment de réforme qui répond à un besoin parfaitement actuel».

A ce titre, la salle Jean-Paul Barbier-Mueller offrira matière à méditation. Le collectionneur et mécène fait don au nouveau musée de deux importantes collections de livres, gravures et lettres autographes du XVIe siècle. L'une illustrera l'histoire des huit guerres de religion, l'autre présentera de magnifiques reliures d'ouvrages historiques ou poétiques publiés par des réformés de l'époque. Histoire de faire un sort aux interprétations excessivement simplistes, les documents exposés, d'une grande rareté, émanent des deux camps. Le musée dans son ensemble entend observer une tonalité d'ironie et de recul.

Déjà, la scénographie, due à Sylvia Krenz et René Schmid, se dessine. Les animations, nombreuses, faciliteront l'accès à une histoire que de nombreux touristes visitant Genève ne connaissent que confusément. Avec l'ouverture du Musée international de la Réforme, après celle du musée Bodmer l'an passé, l'offre muséale genevoise s'étoffe sérieusement.

Renseignements: http://www.musee-reforme.ch