rock

Jack White, un passé rock émancipé

L’ancien White Stripes ouvre son encyclopédie. Hommages aux pères, sans allégeance

Genre: rock
Qui ? Jack White
Titre: Blunderbuss
Chez qui ? (Third Man Records/Musikvertrieb)

Tandis que «Seven Nation Army» résiste et prospère dans tous les virages de stades où le cuir croise la pelouse, celui qui est à l’origine de l’hymne le plus entêtant des années 2000 a pris la tangente pour s’adonner à des affaires musicales qui, avec une petite décennie de champs et de recul, semblent avoir une tout autre épaisseur. Loin des défunts White Stripes, de leurs mécaniques simples et terriblement efficaces (voire racoleuses), Jack White a acquis, il faut le dire, cette stature de président indiscutable d’un rock moite, sudiste, boulimique et aussi volumineux qu’une encyclopédie.

Les escapades avec les Raconteurs, puis avec The Dead Weather ont tour à tour défini les traits d’un projet aussi passéiste qu’emballant: celui d’un aggiornamento des codes qui ont régi le blues et le rock des années 1970. En solitaire, depuis ses studios de Nashville aux allures de grande officine tentaculaire, Jack White va loin, très loin. Il semble aujourd’hui, et plus que jamais, libéré des contraintes stylistiques, des modes et des buzz qui peuplent l’industrie musicale. De sorte qu’il faut prendre sa première œuvre solo comme un acte de désobéissance, comme une narration musicale à la fois culottée et très redevable au passé du rock. En treize titres, on croise l’ombre des Stones («Weep Themselves to Sleep», «Trash Tongue Talker»), celle de Dylan («Love Interruption», «Blunderbuss») et d’autres âmes tutélaires. Elles reviennent toutes sans rides, portées par un artiste révérencieux mais qui se refuse aux courbettes.

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