revue de presse

La «jacksonmania» se porte bien

Depuis samedi, les hommages ont déferlé dans la presse. Ferveur mondiale après la mort de l’icône. Et contributions en continu, sans fin, sur le Web

Depuis samedi, les hommages ont déferlé dans la presse. Ferveur mondiale après la mort de l’icône. Et contributions en continu, sans fin, sur le Web.

Pour Le Courrier, «le séisme est planétaire. De la Chine au Mozambique, des Emirats arabes au Costa Rica, de la Finlande aux Etats-Unis.» La Tribune de Genève, elle, a sorti samedi un cahier spécial de 12 pages, à l’enseigne «Mort et déjà immortel». Dans cette déferlante, le témoignage de Philippe Perrin, le garde du corps qui l’a protégé lors d’un passage à Genève et, comme perdue entre les bons mots de stars comme Madonna, Barack Obama, Jane Fonda et Roger Federer, la petite phrase du conseiller administratif Manuel Tornare: «Une vie d’artiste flamboyante, une vie privée pathétique.»

Outre son joli dessin de Burki, le quotidien 24 heures relève le génie musical du disparu, au-delà des apparences: «Avec ses tenues de groom pailleté, de spationaute décharné, d’androgyne échevelé, ses lèvres peintes, Neverland, son refuge hors du temps, son masque et ses lunettes noires, Michael Jackson aura été un étrange adepte du toc. Dépouillée de ces atours encombrants, demeure une seule certitude, à l’heure de tant de mystères: la musique.»

Dans Le Monde, Thomas Sotinel se livre à une analyse du cas Jackson, «la dernière des superstars»: «Il est mort un peu moins d’un siècle après que Charlie Chaplin fut devenu le premier de l’espèce, un artiste devenu demi-dieu par le jeu combiné de la diffusion massive de ses œuvres et de l’attention universelle des moyens de communication. […] Les industries culturelles apprennent chaque jour à se passer des superstars. Mais, parce que nombre d’entre elles – Mick Jagger, Madonna, Will Smith… – survivent et prospèrent, parce que la frontière entre étoile et célébrité reste floue, la planète ne s’est pas encore rendu compte qu’il s’agissait d’une espèce en voie de disparition.»

Mais «comme pour Elvis ou les Beatles, il est impossible d’estimer complètement l’effet que M. Jackson a eu sur le monde de la musique», relève de son côté le New York Times. Désolé, pourtant «de jouer l’iconoclaste de service et d’interrompre le concert international des pleureuses d’un deuil planétaire, écrit pour sa part un internaute sur le forum du Temps, mais pour moi Michael Jackson représente la chose la plus débile que les Etats-Unis puissent engendrer.» Il ne fait cependant «aucun doute que le monde a perdu un personnage qui, avec les Beatles et Presley, a eu la plus grande influence sur la musique populaire contemporaine», relève le quotidien polonais Dziennik, traduit par EuroTopics. Michael Jackson est une référence pour les artistes. Depuis Beyoncé… jusqu’à une autre génération de musiciens plus jeunes… [Il a] mêlé le blues et le rock au funk et la pop dans un cocktail explosif qui a poussé d’autres musiciens à expérimenter.»

Elvis est aussi présent dans Le Figaro, qui relaie «une confession étonnante de Lisa Marie Presley sur My­Space, [qui] va jusqu’à suggérer que Michael ­Jackson avait eu une prémonition sur sa propre mort. L’ex-épouse du chanteur a relaté […] «le souvenir d’une sinistre conversation qu’elle avait eue avec lui sur […] Elvis Presley, lui-même mort de surdose médicamenteuse. «Je crains de finir comme lui», lui aurait confié Bambi.»

Le Monde remarque aussi que «la Une du supplément que le Guardian [lui] a consacré […] se distingue des autres choix photographiques, car elle montre le jeune Michael enfant ou adolescent. Pas de légende, la photo n’est pas datée. Et de coller une baffe à son concurrent en écrivant que cette piste, Libération – qui titre «Too Bad» – aurait pu [la] suivre pour se distinguer des inévitables photos de spectacle en montrant un autre visage du chanteur défunt.»

Courrier international traduit le Washington Post: «Combien de jeunes dandies noirs ont-ils rêvé des jets privés de Michael Jackson? […] Et combien de femmes noires se sont-elles demandé dans leur salon de coiffure du quartier de South Central à Los Angeles: mais qui donc s’occupe de ses cheveux? C’était comme s’il lui suffisait de claquer des doigts pour faire apparaître des animaux dans son jardin. Un drôle de magicien, oui, mais pour l’Amérique noire Michael était un pionnier. Michael était un enfant et les enfants ont droit à l’indulgence.»

L’édito vidéo de Christophe Barbier sur le site de L’Express montre comment quelques journaux ont pris le risque d’annoncer en primeur la mort de la star, devançant tous leurs concurrents. Qui ne sont pas en reste, comme le prouvent ces quelques titres d’hommages fleuves et de torrents de larmes: «La mort d’une icône» dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung; «Le reflet de l’époque» pour le Financial Times; «Michael Jackson l’extraterrestre» pour Paris Match; simplement «King of Pop» pour le China Daily; «La vie contre les règles» pour le journal russe Vremia Novostieï; «Ce qui a fait de Jacko une légende» pour le Times of India; un hommage en vers du musicien brésilien Tom Zé dans la Folha de São Paulo; l’«Hommage à un artiste d’exception» dans L’Araignée, cyberjournal du Bénin; «Vie et mort d’une légende de la musique» pour Le Soleil de Québec. Rideau.

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