Exposition

Jacques Kaufmann, la céramique nomade

Les œuvres de briques et de terre de l’artiste genevois s’exposent à l’intérieur et à l’extérieur du Musée Ariana à Genève. Parmi elles, des pièces monumentales serpentant dans l’espace, toutefois emballées d’une symbolique superflue

Dans l’histoire de l’Ariana, l’exposition de Jacques Kaufmann (né en 1954) sera vraisemblablement un important jalon. Il s’agit de la première exposition à investir non seulement le musée, mais aussi ses espaces extérieurs, avec cinq pièces installées dans le parc. L’artiste et céramiste, formé à l’Ecole des arts décoratifs de Genève, s’est en effet spécialisé depuis une vingtaine d’années dans la réalisation de pièces monumentales: mur de briques serpentant dans le paysage, maison-four en terre cuite soutenue par une armature métallique ou encore imposantes vagues en briques et bois qui ondulent entre différents espaces.

Il livre à l’Ariana de nouvelles versions de ces pièces dans le parc, tandis qu’à l’intérieur on retrouve un ensemble d’œuvres d’échelles très variables, cultivant toutes la même obsession pour les techniques et matériaux chéris par l’artiste (briques, tuiles, terre et céramiques). Buncheong coréen, céladon japonais et chinois, terre rouge africaine, briques récentes ou anciennes, ready-made ou faites à la main, dressent de Jacques Kaufmann le portrait d’un nomade toujours en quête de techniques et d’expériences nouvelles, et d’un passionné de toutes les cultures céramiques, qu’elles soient régionales ou massifiées, ancestrales ou modernes. En tant que président de l’Association internationale de céramique de 2012 à 2018, il n’a d’ailleurs cessé de les promouvoir.