Jacques Réda. L'Affaire du «Ramsès III». Verdier, 92 p.

Surprenant Jacques Réda! L'an dernier, il inventait, avec Les Nouvelles Aventures de Pelby, un récit délicieux dont le narrateur, dessinateur de BD, jouait à l'homme invisible: «Je passe imperturbable, on ne saurait dire où je vais ni d'où je viens.» Cette fois-ci, il propose une sorte de remake inattendu de Mort sur le Nil, avec dans le rôle principal un narrateur-enquêteur devenu la proie involontaire d'événements qui n'attendaient que lui pour être racontés… Paisible amateur de randonnées cyclistes, ce spécialiste de Bonaparte fait étape dans la petite ville d'Auxonne (Côte-d'Or) où il rencontre une certaine Clotilde, responsable de l'agence Faraorama. Pour lui plaire, il s'inscrit à une croisière sur le Nil, et vogue la galère! Le voilà embarqué sur le Ramsès III en remplacement d'un mystérieux Dr Cr. et chargé à ce titre d'élucider un meurtre commis par un fakir lors d'un bal masqué. Dans un jeu de cache-cache échevelé le long des coursives, il finira par découvrir le pot aux roses – une histoire de trafic d'antiquités auquel Clotilde n'est pas tout à fait étrangère – cela grâce à l'aide d'un zèbre amoureux d'Agnès Cr. Moralité? Il n'y en a pas, c'est une féerie!