Une nouvelle programmatrice, Myriam Kridi. Un nouveau foyer, dégagé, agrandi. Une nouvelle communication avec le retour de la photo et des couleurs dans le visuel. Et une nouvelle ligne programmatique, qui comprend moins de spectacles - neuf contre une quinzaine auparavant - donc plus de temps de plateau pour les compagnies. Le Théâtre de l'Usine, à Genève, fait peau neuve. Visite guidée.

Le Temps: Qu'est-ce qui vous intéresse dans la programmation d'un lieu de danse et théâtre ouvert à la jeune génération?

Myriam Kridi: Après avoir longtemps accompagné le travail de la chorégraphe Manon Hotte, j'ai souhaité travailler dans ce lieu destiné aux talents émergents, car j'aime découvrir de nouvelles formes et leur donner les moyens d'être présentées. Par ailleurs, vu le côté pluridisciplinaire de cette salle, je me réjouis de pouvoir mettre des travaux de nature différente en écho pour voir s'ils gagnent en signification.

- Votre affiche comprend de la danse, du théâtre, des performances, d'artistes locaux et étrangers. Selon quels critères choisissez-vous les créations?

- J'ai décidé de mettre à nouveau un accent sur la jeune danse, avec six des neuf spectacles, car elle n'a pas d'autres lieux à Genève pour s'exprimer. Concernant les artistes étrangers, ils présentent un profil équivalent aux artistes locaux. Si l'on considère par exemple l'Allemand Hermann Heisig et le Portugais Nuno Lucas, duo qui relève du couple comique, ils sont au début de leur travail artistique et viennent créer leur spectacle Pongo Land, à l'Usine, pendant un mois. De cette manière, ils peuvent tisser des liens avec les artistes genevois.

- Les temps forts de cette saison?

- Il y en a deux. La venue, les 29 et 30 septembre prochains, du spectacle Jerk, de Gisèle Vienne. Cette artiste française bénéficie déjà d'une grande renommée, mais les formes qu'elle propose, ce recours à la marionnette pour éclairer l'inconscient, est, lui, insolite et intrigant.

Et le deuxième temps fort: Particules, festival de performances en janvier prochain. La performance est passionnante, parce que sans limite, question invention. Je pense par exemple au travail de Manah Depauw: une maquette a priori anodine, sauf que tout à coup, entre une maison, des rails et un sapin, on découvre un pied, une oreille, une main...

- Vous avez diminué le nombre de spectacles à l'affiche au moment où, à Genève, le Galpon, autre lieu alternatif, doit fermer ses portes. N'est-ce pas contradictoire?

- Non, pour l'équipe du Théâtre de l'Usine, qui compte quatre personnes à mi-temps, programmer quinze spectacles était au-dessus des forces de travail. Je suis préoccupée par la raréfaction des lieux de représentation et de répétition à Genève, mais je veux pouvoir travailler en profondeur et non absorber la demande de façon anarchique.

Théâtre de l'Usine, rue de la Coulouvrenière 11, Genève, http://www.theatredelusine.ch