Grande interview 

«J’ai voulu impliquer le visiteur pour transmettre la noblesse de l’humanitaire»

Roger Mayou a transformé le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Genève en joyau de la vie culturelle romande. A l’heure des adieux, après vingt ans de succès, il se dévoile en obsédé de la transmission, dandy baroudeur, esthète écorché aussi

Si Tintin pouvait vieillir, il ressemblerait à Roger Mayou. Il aurait cette même malice d’agnostique dans le visage. Cette même ardeur tapie sous le fard de la civilité. Dans son bureau à Genève, le directeur du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge déplie sa double décennie glorieuse, celle qui l’a vu transformer l’institution en fleuron de la scène culturelle romande.

Le 30 juin, il baissera le rideau. Et quittera cette scène tant aimée, retraite oblige. Son grand talent? Un art du récit, une ligne claire au service de sujets brûlants, celle d’Hergé qu’il affectionne, transposés dans un musée. Roger Mayou, cet esthète prêt à tout pour un thé au Sahara, cet ultrasensible qui se méfie de ses éruptions intérieures, ce baroudeur tiré à quatre épingles qui aspire au chahut du voyage, a l’obsession du public, pis qu’un directeur de music-hall.