James Nesbitt et Tchéky Karyo, atouts de la série «The Missing»

TV La RTS dévoile un feuilleton policier anglo-belge à grand succès

L’acteur James Nesbitt en père torturé, toujours à la limite de la perdition, ce qui ne ressemble pas aux précédents rôles du comédien qui joua dans le terrible Jekyll. Face à lui, ami mais opposant parfois, Tchéky Karyo en policier à la retraite, essoufflé et ambigu, qui parle surtout de sa nouvelle passion pour les abeilles.

La série TV The Missing a déjà l’audace de sa distribution, ce duo a priori improbable. Ce n’est pas la seule curiosité de ce feuilleton anglais et belge en huit épisodes, qui raconte la recherche d’un enfant enlevé. La RTS le dévoile dès ce vendredi.

Le créneau policier est bien affirmé, et certains s’empressent de rapprocher la série de Broadchurch, suspense sur la recherche du meurtrier d’un ado dans une petite ville côtière britannique. Le parallèle est un peu court. The Missing trempe davantage dans un certain flou, calculé. Elle peut sembler moins sémillante, moins crépitante que Broadchurch. En revanche, surtout en France où elle arrivera bientôt, elle représente un pari économique identique: l’année passée, Broadchurch a offert à France 2 l’un de ses meilleurs succès de l’année, avec 6,7 millions de fidèles en moyenne. Cette fois, c’est TF1 qui a dégainé le plus vite et sorti le chéquier pour acquérir The Missing. Comme d’habitude, la RTS la précède.

La première saison de The Missing a été produite avec un apport de la chaîne américaine Starz, elle a même bénéficié d’un achat d’exclusivité de Yahoo!. Et la deuxième volée a démarré fort bien sur la BBC, début janvier.

En sus, la série écrite par les Anglais Jack et Harry Williams représente une originale collaboration anglo-belge. Car si elle est censée se passer dans une petite ville française – sans doute pour mieux la vendre aux Français –, elle a été tournée en Belgique, avec nombre de seconds rôles locaux, dont Emilie Dequenne, et avec des techniciens du pays.

Une épouvantable soirée

Tout commence par cette épouvantable soirée, après un moment pourtant si tendre. Père et fils – Oliver, 5 ans – se sont amusés à la piscine, puis ils vont chercher une boisson au bar. Il y a foule, c’est un soir de match de Coupe du monde de football. 2006. Le père (James Nesbitt) relâche la main d’Oliver, une minute peut-être. Il ne le reverra pas. Et la traque ne donnera rien.

En 2014, il obtient quelques nouveaux éléments qui pourraient faire rouvrir le dossier. Il s’escrime à convaincre les responsables, et appelle à l’aide le flic alors chargé de l’enquête, Tchéky Karyo. Les parents se sont séparés. Le père oscille chaque jour entre l’obsession de la quête de l’enfant et les rages, puis les désespoirs, excités par l’alcool. Un beau rôle, assurément, consolidé par son vis-à-vis avec l’ex-policier.

The Missing. RTS Un. Dès vendredi 20, 22h25.