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Leur barbe enfièvre salles et festivals. Les Idles forment «le meilleur groupe du monde sur scène», affirme Eric Linder. 

Festival

Jane Birkin, Virginie Despentes, les Idles: un air de légende à Antigel

Le groupe suisse The Young Gods, l’écrivaine Virginie Despentes, le jeune et romantique rappeur Lomepal enflammeront Genève, du 26 janvier au 17 février. Nos conseils

Les ours hibernent. Et Antigel prépare le printemps. La contre-attaque a lieu cette année entre le 26 janvier et le 17 février, quand Genève se prend pour la Sibérie. C’est à ce moment que le directeur d’Antigel Eric Linder, sa directrice Thuy-San Dinh, et Prisca Harsch, la programmatrice danse du festival, poussent à sortir des bois.

Têtes brûlées du marteau-piqueur

Pour qui brûler alors? Mercredi, le trio a dévoilé ses totems: Jane Birkin chantant Gainsbourg avec l’Orchestre Symphonique Confluences; l’écrivaine Virginie Despentes et l’actrice Béatrice Dalle lisant en musique – avec le groupe Zëro – des textes de Pasolini; ou encore les musiciens berlinois d’Einstürzende Neubauten, des têtes brûlées du marteau-piqueur.

Mais on aurait tort de résumer cette septième édition d’Antigel à ces idoles. Depuis 2011, ces trois semaines hors cadre libèrent les énergies. Fidèles à leur appétit d’espaces, Eric Linder et sa bande mobilisent les communes: 23 cette année; mieux, ils franchissent pour la première fois les frontières: des spectacles sont prévus à Etrembières, Saint-Genis-Pouilly et Léaz.

Une nuit au Salève

Programmer revient donc ici à cartographier. C’est-à-dire aussi à transformer des sites improbables en théâtres d’aventure, le temps d’un «projet made in Antigel»: la carrière du Salève avec ses machines colossales à déglutir la pierre; ou encore les serres du Jardin botanique rhabillées en décor de fiction nocturne, sous la plume de Fabrice Melquiot.

La nouvelle génération à la fête

Antigel a une autre fonction, rappelée par Prisca Harsch et Eric Linder: fêter la vague qui monte. Il vaudra la peine de mettre ses pas dans ceux de Maëlle Gross, diplômée toute fraîche de la HEAD de Genève, qui propose de la suivre dans le quartier des Pâquis, d’entrer même parfois chez l’habitant, le temps d’une déambulation ethnologico-poétique – Où l’on va d’où l’on vient.

On est tenté aussi par Anastasia, adolescente de 17 ans qui se raconte en mouvement dans une pièce éponyme, chorégraphiée par Mickaël Phelippeau. Et pourquoi ne pas se laisser ensorceler par Nina Santes, petite-fille de magicien qui signe Hymen hymne, une danse de sorcière?

Une course pour se mettre en jambes

Même veine dans le domaine musical. Eric Linder mélange les chapelles en «fan absolu», de Michael Gira, leader affranchi de Swans, aux Idles, «le meilleur groupe du monde sur scène», affirme-t-il, sans oublier The Young Gods. Il fait surtout place à ces enfants du rock genevois que sont Among The Limbs et La Cabane de Baldwin, électrisants à la salle du Terreau. Le charismatique Lomepal, 26 ans, skater sur les bords et rappeur inspirant, devrait, lui, appâter les ados – mais pas seulement.

Antigel cultive ainsi cette vocation: aspirer un public qui ne sort pas forcément le reste de l’année. Dans le quartier de la Praille, la tour du Pont-Rouge offrira breuvages et rythmes psychédéliques aux assoiffés de la nuit. Quelque vingt mille personnes y ont refait le monde en 2017. Pour se mettre en jambes, il est recommandé de courir le 20 janvier le 3e Antigel Run, entre le parc de La Grange et celui des Eaux-Vives. C’est aussi ça, chasser l’hiver.


Festival Antigel

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