Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La population du Japon est en recul. Pour survivre, l’industrie musicale de l’archipel doit exporter sa J-pop, une musique ultracommerciale formatée pour les jeunes. Exemple ici en Indonésie, avec AKB48. Le girls band numéro un du Japon, champion de…
© Dita Alangkara

Musique

Au Japon, le CD reste roi

Le marché japonais, où le téléchargement légal et le streaming commencent tout juste à prendre racine, est encore dominé par les ventes de formats physiques. En cause: le «Syndrome des Galapagos», un phénomène d’isolement marketing de l’archipel

Alors que partout ailleurs, le marché de la musique a déjà basculé vers le numérique, le territoire japonais est resté verrouillé autour du CD. Comme figé dans les années 1990. Les achats de formats physiques (DVD et vinyle compris) y sont certes en recul continu depuis dix ans, mais ils dépassent toujours les 80% des ventes de l’industrie. Contre aujourd’hui 39% en moyenne mondiale.

Lire aussi: Le streaming, eldorado du marché musical

Comment est-ce possible? Le Japon est un univers à part. Son marché est frappé du «Syndrome des Galapagos», en référence à la théorie de l’évolution de Charles Darwin, soit une culture de la consommation distincte des courants internationaux, portée par l’isolement marketing de l’archipel.

L’anomalie de l’emprunt payant

Selon la RIAJ (Recording Industry Association of Japan), 159,2 millions de CD ont été commercialisés dans le pays en 2016. Même si ce chiffre s’inscrit en baisse de 5% sur un an, la résistance du disque se maintient. Via notamment une production nationale foisonnante, avec un engouement pour les singles toujours marqué, et où la part des artistes locaux avoisine les 90%, contre 10% pour les titres étrangers.

Pour nourrir la demande de supports physiques, le Japon recense encore 6000 magasins de disques – vendus au prix fort, soit un minimum légal de 25 francs –, soit trois fois plus qu’outre-Atlantique. L’archipel pratique aussi toujours la location de CD, moyennant une taxe instaurée dans les années 1980 sur chaque album loué pour compenser les pertes dues aux copies domestiques.

Une législation extrêmement sévère

Autre spécificité nippone: une propension marquée pour le paiement en espèces, plutôt que par carte de crédit, ce qui freine l’essor des achats en ligne. Par ailleurs, au Japon, le téléchargement illégal est passible de poursuites pénales, allant jusqu’à deux ans de réclusion et plus de 20 000 francs d’amende.

Lire aussi:  De l’esprit criminel peut jaillir l’innovation

Centré sur le modèle d’affaires délirant de la J-pop, le marché japonais est celui de la frénésie d’idoles. Exemple, avec le groupe AKB48 et ses quelque 130 chanteuses interchangeables. La starification est ici exploitée jusqu’à l’épuisement: éditions limitées, avec titres spéciaux, posters, billets de concert, rencontres avec les artistes et bulletins de vote pour fixer leur popularité, ou encore l’ensemble des paroles de l’album pour la pratique du karaoké. Afin de profiter de tous les bonus, les plus fanatiques des mélomanes japonais n’hésitent pas à acheter dix à vingt fois le même disque.

Révolution numérique en cours

Avec quelque 2,2 milliards de francs de chiffre d’affaires par an, le Japon représente le 2e marché mondial de la musique, derrière les Etats-Unis (près de 5 milliards de francs). Un contexte où le numérique est, comparé au reste du monde moderne, encore négligé. Mais qui gagne du terrain, avec la montée en puissance des services sur abonnement.

Pour preuve, la société anglo-suédoise Spotify vient tout juste de lancer son offre dans l’archipel. Le numéro un mondial du disque virtuel, pourtant installé au Japon depuis 2011, aura tout de même négocié plus de cinq ans les droits d’accès aux catalogues japonais pour y ouvrir son service.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Comment faire peur au cinéma?

Du «Voyage sur la Lune» à «La nonne» en passant par le «Projet blair witch»: comment le film d'épouvante est-il né et comment ses codes ont-ils évolué au fil du temps? Décryptage en images

Comment faire peur au cinéma?

n/a