Hôte des Jeux olympiques, le Japon est plus rarement célébré pour ses prouesses musicales. Il regorge pourtant de richesses et, sans surprises, de quelques excès. Exploration en un triplé d’articles.

La ramener à son titre d’ex-épouse de Ryuichi Sakamoto, célèbre compositeur de musique de films, dans un pays tout sauf féministe? Ou la considérer à travers le prisme réducteur de «Kate Bush locale», un sobriquet trop occidental pour être honnête? Ce serait là un sens du raccourci malvenu, et une injure faite à une authentique star nippone. Artiste essentielle des années 1970-1980, Akiko Yano nous est à nouveau accessible cette année grâce aux rééditions de ses vieux albums par le label WeWantSounds.

Ce qui frappe le plus à la lecture de son destin, c’est son indépendance jamais prise en défaut – tout sauf évident pour une femme née sur l’Archipel en 1955. Elle rejoint Tokyo dès ses 15 ans pour étudier le piano et le jazz, joue dans des clubs pour assurer ses revenus, et rencontre un succès immédiat avec Japanese Girl, son premier album publié à l’âge de 21 ans. Puis elle décide de s’exiler à Los Angeles dès 1976, tout en gardant un pied au Japon en jouant avec le groupe Yellow Magic Orchestra (celui de Ryuichi Sakamoto). Aucune contrainte, des chemins suivis à l’instinct, et un goût prononcé pour le chant en anglais – une évidence aujourd’hui, mais un pas de côté osé il y a quarante ans.