Le Japon, terre de contrastes, entre tradition et modernité… Voilà bien une série de clichés habituels sur un pays qui les collectionne et qui en joue au point d’en brouiller la lecture. On peut en trouver d’autres, à foison: les fleurs de cerisiers, les samouraïs, les mangas, etc. Quelle est la part de création, d’interprétation, voire d’idéologie, dans ces constructions souvent composées d’éléments locaux, mais aussi occidentaux? Dans L’Invention du Japon, Philippe Pelletier s’interroge sur les mécanismes de construction d’une identité nationale, qui sont par ailleurs applicables à d’autres pays.

Coincée entre ces conceptions réductrices, la complexité du pays du Soleil levant se trouve enfermée dans les stéréotypes et les fantasmes. C’en est même devenu le créneau du soft power nippon: l’ancien premier ministre Shinzo Abe n’avait-il pas décrété il y a quelques années que la culture et la production populaires (J-Pop, manga, anime…) devaient compter parmi les principaux produits d’exportation du pays?