Etudiant à la New York School, le Genevois Léo Tardin a remporté vendredi le premier Concours international de piano solo à Montreux. Du haut de ses 23 ans, le pianiste a déjà joué avec Mathieu Michel, le Big Band de Lausanne et l'harmoniciste Grégoire Maret, de même que dans de nombreux groupes new-yorkais. Au sortir de sa prestation montreusienne, le finaliste s'est confié au Temps.

Le Temps: Comment êtes-vous venu au jazz?

Léo Tardin: J'ai commencé par jouer du piano classique, avant de m'intéresser au jazz. C'est le sentiment d'une plus grande liberté qui m'a poussé à développer ce genre musical: à la manière des Lego, le jazz permet de bâtir tout un univers de manière ludique.

– Qu'est-ce qui vous a amené à participer à ce concours?

– C'est un de mes professeurs qui m'a suggéré de m'inscrire. En réalité, je ne me sens pas très à l'aise avec l'idée du concours. Il me semble que les conditions ne sont pas idéales pour pouvoir faire de la bonne musique. Dans une situation de concours, la tendance est à la démonstration: bien malgré moi, j'ai certainement voulu montrer ce que je savais faire. Et cela ne me semble pas correspondre à une véritable expression musicale.

– Vous terminez bientôt vos études à New York. Avez-vous l'intention de revenir en

Suisse?

– Oui, certainement. La situation en Suisse est nettement plus favorable pour les musiciens. De plus, j'apprécie l'attitude des jazzmen suisses: la plupart demeurent modestes en regard de leurs qualités. Mais cette attitude a également son revers: les musiciens que l'on propulse sur le devant de la scène ne le sont pas toujours pour de bonnes raisons, et les meilleurs restent souvent méconnus…

N. J.