On parle d’un théâtre dont les résidents, d’ordinaire, ne sont pas du genre bavards. La scène: des rangées de dalles fleuries, de croix, de stèles ripolinées ou au contraire rongées par le temps et les éléments, leurs épitaphes à peine déchiffrables. Et quelque part au milieu, un mât chinois. Si, c’est bien au cimetière que le collectif genevois Delta Charlie Delta (le bien nommé DCD) a choisi d’emmener les vivants. Glauque? Pas du tout, rétorquent Nour Biriotti, Camille Denkinger et Marie Lou Félix, les trois jeunes artistes composant la troupe: il n’y a pas meilleur décor pour évoquer notre rapport à la fin, à la perte, à ces disparitions qui jalonnent nos existences. Après une première tournée l’an dernier, le jeune collectif ressuscite Jardin d’hiver, spectacle déambulatoire mêlant cirque, théâtre, danse et musique. Première étape jeudi, au centre funéraire de Montoie, à Lausanne.