Depuis plus de vingt ans, Jacques Rancière poursuit une réflexion passionnante sur «les formes de l’expérience sensible» et sur leur histoire. Des formes et une histoire partagées qui dévoilent dès lors les contours d’un «commun» et les parts de celui-ci auxquelles chacun peut prétendre. C’est ce que le philosophe appelle un «partage du sensible», où se révèlent, en profondeur, les enjeux politiques des questions esthétiques.

Avec ce Temps du paysage, Jacques Rancière, de son propre aveu, ajoute une «scène» à celles qu’il avait déployées en 2011 dans Aisthesis, partant à chaque fois d’un texte emblématique ou problématique permettant de saisir un moment important de l’exploration par la littérature, la danse, l’architecture ou la peinture de ce partage moderne du sensible. Car les pratiques artistiques ont pour fonction de le figurer et de le transformer.