Jazz. Benoît Delbecq Unit. Phonetics (Songlines 1552/Plainisphare)

Il en est venu au piano, par le classique, parce que le champ paraissait illimité. Il arrive au sampler, dans le même espoir. Delbecq, Parisien du monde, traque la friction des timbres. Personne ne le lui reprochera. D'autant qu'il associe à sa quête le saxophoniste Mark Turner et le cabalistique Congolais Emile Biayenda aux tambours. Des compositions prêtes à danser, qui se déglinguent à mesure, à la manière des machines suicidaires de Tinguely. Cette musique ne s'esclaffe pas, mais elle rit sous cape à force d'avancer en boitillant. Même si elle s'africanise par instants, c'est pour mieux surligner la féroce blancheur d'une tradition qui puise dans Bach plutôt que dans le blues. Et pourtant, la magie vient de là, Delbecq est un swingueur magistral.