Dans dix ans, vingt ans peut-être, l'œuvre de Mehldau sera réévaluée, envisagée avec davantage de pondération. Jeune héros fissuré du clavier jazz, dit la chronique. A trop légender cette musique, on en oublie l'importance. Avant d'être le prodige annoncé de l'ère multinationale, Mehldau grave des disques rapides, denses. Ici, en grande formation (cordes, cuivres), il confirme le soupçon: entre Bill et Gil Evans, le New-Yorkais prodigue un jazz référentiel mais «si loin-si proche» des esthétiques contemporaines qu'il ne se conforme à rien de connu. Un excellent album, en somme.