jazz

Quand le jazz fait son cinéma

Une compilation opulente et futée sonde l’apport du jazz au septième art

Quand le jazz fait son cinéma

Une compilation opulente et futée sonde l’apport de la note bleue au septième art

Genre: jazz
Qui ? Divers
Titre: Le jazz à l’écran 1929/1962
Chez qui ? (3 CD Frémeaux/h. m.–Musicora)

C’est l’histoire, on le sait, d’un rendez-vous manqué. Né plus ou moins en même temps que lui, le cinéma n’a montré le jazz, à de très rares exceptions près, que boursouflé, enlaidi, dénaturé par des clichés au mieux grotesques, au pire dégradants. On parle des images. Pour les sons, c’est une autre histoire: on n’a pas pu faire taire un bébé si plein de vie, c’est la justification de cette ­anthologie débordante de sève où chacun peut, à son gré, substituer à l’écœurante trivialité des images archivées un film à la hauteur de la musique qui s’y déploie.

Les compilateurs ont organisé leur tumultueuse matière selon trois axes. Le premier CD met à l’honneur des musiciens, blancs (Goodman, Miller) ou noirs (Ellington, Armstrong), des chanteurs (Fats Waller, Cab Calloway) ou des chanteuses (Billie, Ella, Lena Horne, Peggy Lee) apparaissant à l’écran pour y jouer tantôt leur propre rôle, tantôt un rôle (c’est un grand mot) de composition (c’en est un encore plus grand).

On enchaîne avec ce début des années 1950 où le jazz passe résolument derrière l’écran. D’Elia Kazan à Blake ­Edwards en passant par Orson Welles, Robert Wise ou Otto Preminger (géniale bande-son d’Anatomy Of A Murder confiée à Ellington), le cinéma américain fait une consommation immodérée de jazzmen travaillant désormais et parfois à temps plein en studio, des gens de la West Coast surtout, réputés redoutables lecteurs.

Un dernier CD isole, on vous le donne en mille, le cas de la France, où l’on a judicieusement contourné toutes les franchouillardises oubliables pour se concentrer sur des perles qui ont nom A bout de souffle, Un Témoin dans la ville et bien sûr Ascenseur pour l’échafaud, où Miles Davis crève la bande-son, à défaut de l’écran.

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