Joe Newman Quintet, At count Basie's (Mercury/Universal)

En 1961, aux States de surcroît, on n'écoutait pas encore le jazz religieusement. Bruits de fourchettes, râles d'ivrogne, glottes en folie formaient le quotidien des musiciens de club. Ce qui ne les empêchait pas, pour rester dans le registre sacré, de souffler le feu de Dieu. Question de foi en leur art. Quand il l'avait, le trop changeant Joe Newman égalait ceux que Norman Granz réunissait sous le nom de Trumpet Kings, ces Roy Eldridge, Clark Terry, Harry Edison ou Dizzy qu'il évoque ici tour à tour d'un «Caravan» galvanisé à un «Please Send Me Someone to Love» capiteux.