Jazz. Nina Simone. Sings Ellington! (Colpix/EMI)

Parmi les quintaux d'hommages à Ellington éructés chaque année, celui-ci tranche par sa puissance et son naturel. Deux termes indissociables d'une Nina Simone viscéralement investie dans chacun de ses coups, de gueule ou de cœur. Duke la hante, à en juger par la familiarité avec laquelle elle tutoie ce répertoire déjà très pratiqué en 1961. Son «I Got It Bad» est une recréation tellement sidérante qu'elle permet d'oublier les scories (chœurs idiots, orchestrations au pathos daté) qui font rentrer ce disque dans le rang des choses humaines. Enfin presque.