Il aimait les chevaux, il avait même été cow-boy aux Etats-Unis, mais c’est dans l’espace que son talent visionnaire s’est pleinement épanoui. Jean-Claude Mézières a inventé la modernité graphique en matière de science-fiction. Ayant retrouvé du côté de Salt Lake City un ami d’enfance, le journaliste et scénariste Pierre Christin, il lance en 1967 dans les pages de Pilote une première aventure de Valérian, agent-spatio temporel. En ces temps préhistoriques, les références futuristes étaient inexistantes. Lorsqu’il doit dessiner Galaxity, capitale de l’empire galactique terrien, l’artiste ressent un grand vertige. Il imagine un conglomérat de dômes coiffés d’un triple aileron qui s’inscrit à jamais dans l’imaginaire collectif. «Mon dessin n’est pas top, mais je trouve les bonnes formes au bon moment», disait-il tout sourire en 2017. Paysages sublimes, créatures extraterrestres majestueuses ou grotesques, technologies sidérantes: le dessinateur français a ouvert des perspectives sans fin.