Jean-Michel Basquiat (1960-1988) est la star incontestable de la 41e édition d’Art Basel. Il figure dans les accrochages de sept galeries sur 303. C’est bien sûr beaucoup moins qu’Andy Warhol (28) et que Picasso (23), mais ces deux-là sont de vieux habitués. Et surtout, l’œuvre de Basquiat est presque toujours représentée par des tableaux géants.

Fils d’une Portoricaine et d’un père d’origine haïtienne, gravement malade pendant son enfance, graffitiste de rue avec Al Diaz sous le nom de SAMO («Same old shit»), coqueluche du milieu artistique new-yorkais, ami d’Andy Warhol et mort d’une overdose à l’âge de 28 ans, Jean-Michel Basquiat a tout pour exciter les imaginations, fussent-elles celles de collectionneurs très sérieux et très riches.

Même si c’était un peintre rapide, formé à l’école du graffiti, la profusion des Basquiat exposée à Art Basel défie l’entendement. D’autant plus qu’il bénéficie en même temps d’une grande rétrospective à la Fondation Beyeler. Et qu’on le trouve un peu partout dans les musées d’art contemporain.

Basquiat a rencontré Andy Warhol au début des années 1980. Leur amitié n’était pas seulement celle d’un aîné célèbre avec un jeune homme fascinant. C’est une amitié d’artiste qui s’est transformé en collaboration. Warhol et Basquiat ont souvent peint et dessiné ensemble, non pour réaliser des tableaux où leurs deux talents se fondraient au point de n’en former qu’un seul (comme ce fut parfois le cas dans les ateliers où les maîtres anciens se répartissaient la tâche). Dans cette immense toile, les obsessions de Basquiat, ses squelettes en pied ou gisants, son trait frénétique et ses aplats, entrent en collision avec l’ironie pop et élégante de la contribution warholienne.

Jean-Michel Basquiat & Andy Warhol, «Third Eye», 1985, acrylique sur toile, 205 X 326 cm., galerie Bischofberger, Zurich, St. Moritz.