Toutes les tentations d’une vie dans ce corps étonné. Au Théâtre de Vidy ces jours, le comédien Pierre Mifsud esquisse une danse en forme d’énigme: c’est celle d’une jeunesse ancienne où il doutait de tout, où il n’était pas encore question d’être artiste, mais seulement d’avancer. Cette introspection amusée est au cœur de Vocation, pièce sur le fil, précieuse pour cette raison, d’Emilie Charriot.

Considérer le brouillon de nos désirs avec gravité et affection. La jeune metteuse en scène lausannoise privilégie cette approche: l’histoire de ses interprètes est la matière de son nouveau spectacle. Dans le singulier, elle cherche le commun, comme Annie Ernaux, cette écrivaine qu’elle aime, dans Les Années. A Pierre Mifsud, 58 ans, et à Nora Kramer, 18 ans, elle a demandé d’ouvrir des tiroirs. Dans certains, des feuillets amnésiques attendaient d’être ravivés. Dans d’autres, des cahiers vierges invitaient à broder sur l’avenir. C’est ce va-et-vient qui compose Vocation.