Il a éclaté cette année à Broadway, avec I am my own wife (Je suis ma propre épouse), une pièce de Doug Wright. Un acteur, 35 personnages. Un tour de force. Pulitzer pour le texte, Tony Award pour meilleur acteur. Mays a tout joué sur scène: Shakespeare, Tchekhov, Wilde et les autres. Mais c'est grâce à la Berlinoise Charlotte von Mahlsdorf (1928-2002) qu'il a pu démontrer l'ampleur de son talent. Vêtu d'une robe noire ornée d'un rang de perles, foulard «à la babouchka», l'acteur raconte l'histoire de cette transsexuelle qui, portée par ses obsessions, tint tête aux nazis, puis au communisme est-allemand. Dans un décor dépouillé qui peu à peu s'anime, Charlotte monologue avec son lourd accent prussien. Elle est rejointe par Doug, l'auteur yankee qui l'interroge, et les êtres-clés de sa vie, tous incarnés par le prodigieux acteur. Inutile de vous précipiter, le spectacle se termine le 31 octobre. Mais il part en tournée, Etats-Unis d'abord, et Londres, à une date encore inconnue, ensuite. Deux ans encore «dans ma petite robe noire», se réjouit l'acteur.