De Pour Jean Prévost à La Chute de cheval, on commence à deviner ce qui fascine Jérôme Garcin: les destins brefs, les existences fracassées. Ce fut le cas d'un des acteurs de la Révolution, Hérault de Séchelles, mort guillotiné à 34 ans, le 5 avril 1794. De ce séducteur égaré dans la tourmente, voici la tempétueuse confession, au fil d'un roman testamentaire débordant d'élégance et de panache. De sa prison du Luxembourg, Hérault écrit à la femme qu'il aime. Il va mourir. Et fait défiler sa vie en un carrousel où se mêlent cynisme et naïveté, ambition et pureté. A 18 ans, Hérault est déjà avocat du roi, puis il change de camp, s'engage dans la Révolution, participe à la prise de la Bastille, devient membre du Comité de salut public, sacrifie à la Terreur, mais est accusé de complot contre la République avant d'être condamné à l'échafaud… Au passage, Garcin évoque son romantisme, son goût pour les femmes et son amour immodéré des chevaux, «qui conduisent vers le pays d'enfance». De ce Julien Sorel des Lumières, Buffon avait prédit qu'il tomberait vite. C'est sa chute tragique, implacable, que redessine Garcin. D'un trait de foudre.

Gallimard, 170 p.