La mort de Jessye Norman ne s’envisageait pas. Chanteuse trop immense, visage trop magnifique, interprète trop intense, timbre trop magnifique, voix trop puissante, présence trop impériale pour disparaître. Le trop n’était pas de trop pour définir sa carrure imposante (1 m 85) à la sensibilité exacerbée. Pourtant la soprano américaine s’est éteinte à 74 ans. Une septicémie l’a emportée lundi, à New York.

Si elle fut choisie pour chanter La Marseillaise, drapée de bleu, blanc, rouge sur la place de la Concorde à l’occasion du bicentenaire de la Révolution, c’est qu’elle incarnait la majesté comme personne. Ses interventions aux cérémonies d’investiture des présidents Carter et Reagan, ou pour les 60 ans de la reine Elisabeth, ainsi que la Médaille nationale des arts décernée en 2009 par Barack Obama le confirment. La diva noire des sopranos américaines symbolisait avec une incandescence unique l’accomplissement d’un destin mené avec la force de la foi.