Classique

Jesus Lopez Cobos s’est éteint

Le chef espagnol est décédé ce vendredi matin à Berlin des suites d’un cancer à l’âge de 78 ans

Jesus Lopez Cobos était une figure familière du paysage romand. D’abord parce qu’il dirigea l’OCL pendant dix ans, de 1990 à 2000. Lors de sa décennie d’activité en terre vaudoise, le chef fit remarquablement progresser l’orchestre. Les Lausannois s’étaient attachés à ce chef humble et intègre, qui ne séparait jamais le geste musical des dimensions humaine, spirituelle et historique. Son décès ce vendredi matin à Berlin, à l’âge de 78 ans, attriste le monde classique.

L’opéra, terrain d’excellence

Cultivé, empreint de théologie et de philosophie sans finalement s’y destiner, forgé à la pureté du chant grégorien puis de la pratique chorale à Malaga, le natif de Toro a imprimé sa marque sans forcer sur les orchestres qu’il a dirigés. Son terrain d’excellence? L’opéra. Parce que la voix, justement, porte l’esprit en elle.

A Genève, «Monsieur Cobos» collabora régulièrement avec le Grand Théâtre et l’OSR. Dès le 1er janvier 1977, son Don Carlos mis en scène par Jean-Claude Riber, lui aussi récemment disparu, fut salué. Neuf productions suivirent, dont la dernière, celle de Guillaume Tell, fut acclamée en septembre 2015. On devait retrouver ce chef apprécié le mois passé dans Faust de Gounod. La maladie aura eu raison de lui, remplacé par Michel Plasson. Musicien rigoureux, élégant et sensible, Jesus Lopez Cobos a suivi un parcours en creusant son chemin sans éclat et avec conviction.

Carrière fructueuse en Europe et aux Etats-Unis

Après avoir étudié la direction auprès de Franco Ferrara et Hans Swarowsky à Vienne, le jeune chef remporte le premier prix du Concours de Besançon en 1968 avant de débuter à la célèbre Fenice vénitienne. Puis il entame une carrière fructueuse sur les scènes d’Europe et des Etats-Unis.

Le Philharmonique de Londres (1981-1987) et le Deutsche Oper de Berlin en parallèle, l’Orchestre national d’Espagne (1984-1988) et le Symphonique de Cincinnati (1986-2000) se lient à lui. Ses nombreuses interventions à l’Opéra de Vienne, jusqu’au 8 janvier dernier, lui valent l’admiration et l’affection de tous.

Principal chef invité de l’Orchestre symphonique de La Corogne depuis 2011, il avait renoué avec ses racines hispaniques au Teatro Real (2003-2010), et était directeur musical de la phalange Symphonique madrilène. Son départ, après celui de Rafael Frühbeck de Burgos en 2014, frappe une génération notable de la direction hispanique.

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