Scènes

Ce jeudi, 37 jeunes danseurs battront le pavé lausannois

Pendant trois jours, La Plateforme s’intéresse à la relève chorégraphique. Ouverture sur la place de la Riponne, le 20 juin à 19h, avec un spectacle agité

Mille deux cents battements par minute. C’est le rythme plus que soutenu que promet la Cie Junior Le Marchepied, sur la place lausannoise de la Riponne, ce jeudi 20 juin, à 19h. D’autant plus soutenu qu’il y aura 37 jeunes danseurs qui battront le pavé à l’unisson pour raconter la frénésie contemporaine. 1200 BPM, performance gratuite, est l’un des volets de La Plateforme-Nouvelle génération d’interprètes, trois jours de spectacles et de master class au Théâtre Sévelin 36 et à l’Arsenic, pour découvrir l’émergence de la danse.

Depuis bientôt vingt ans, Corinne Rochet et Nicholas Pettit se soucient du devenir des jeunes danseurs en parallèle à leur activité de créateurs. En 2000, ils fondent la Cie Junior Le Marchepied, quinze heures d’enseignement hebdomadaire pour préparer les aspirants danseurs aux formations supérieures qui, à l’époque, se trouvaient à l’étranger. Lorsque le CFC danse est arrivé en 2011, ils ont adapté leur offre en une quatrième année de formation qui permettait à une douzaine d’étudiants de parfaire leurs connaissances et, éventuellement, de briguer une place auprès des hautes écoles européennes.

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A présent que les bachelors de danse contemporaine existent et fonctionnent bien en Suisse romande, les deux pédagogues proposeront dès l’année prochaine un stage d’insertion professionnelle pour quatre danseurs diplômés qui seront rémunérés 2500 francs par mois et aiguillés vers différentes productions locales ou internationales.

Frénésie et hébétude

En parallèle à ce soutien au quotidien, les deux pédagogues ont créé en 2009 La Plateforme-Nouvelle génération d’interprètes, mini-festival lausannois et bisannuel qui permet de présenter le travail des écoles romandes et étrangères. C’est en ouverture de ce rendez-vous qu’aura lieu, ce jeudi, 1200 BPM avec l’ensemble des élèves présents à la manifestation. Devant les escaliers du Palais de Rumine, près de 40 danseurs alterneront les secousses du monde moderne avec des moments de stupeur. «Nous allons switcher entre des morceaux électroniques très rapides et du Chopin pour évoquer les contrastes entre la frénésie contemporaine et les temps morts qui suivent parfois, lorsque les individus se retrouvent seuls chez eux, explique la chorégraphe Corinne Rochet. Ce qui est très excitant, c’est que nous n’avons qu’une journée pour mettre sur pied cette performance. Mais j’ai confiance, car les interprètes sont tous très doués!»

Quatre spectacles le même soir

Deux soirées en deux temps et en deux lieux permettront ensuite de confirmer le talent de ces danseurs émergents: les 21 et 22 juin, au Théâtre Sévelin 36, on pourra voir Drift dansé par les élèves de Coline, une formation française implantée à Istres, sous la conduite de David Hernandez. Puis L’Assèchement des formes, qui chronique «l’obligation de sourire, ce masque social que l’on est contraint de porter pour correspondre aux standards de la société», détaille Corinne Rochet. Après l’entracte, l’Arsenic accueille Tenir le temps, du Ballet Junior de Genève, chorégraphié par Rachid Ouramdane, puis Woo, un hommage «glacial et ironique» au cinéaste John Woo de la Cie 7273, avec la Cie Junior Le Marchepied.

Mais, au fond, pourquoi cette passion pour les jeunes danseurs, Corinne Rochet? «Pour leur énergie, bien sûr, formidablement contagieuse. Mais aussi, surtout, parce que la transmission a toujours été une évidence pour moi. J’adore cet aller-retour entre le pédagogue et l’élève, cette manière de grandir en faisant grandir. C’est passionnant, et les danseurs qui ont pu bénéficier de notre appui sont restés de vrais amis!»


La Plateforme, du 20 au 22 juin, La Riponne, le Théâtre Sévelin 36 et l’Arsenic, Lausanne.

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