Classique

Jeudis et Sérénades au Palais

Pour sa dix-septième édition, la série inaugure un nouveau concept transversal. Tradition et nouveauté au programme

Les Jeudis du piano font partie du paysage genevois depuis déjà dix-sept ans. Chaque automne, tels les colchiques, ils refleurissent pour présenter des pianistes talentueux en devenir. La directrice artistique de ce rendez-vous qui navigue entre concours, festival et saison, a toujours eu une grande tendresse pour les jeunes musiciens.

Claire Haugrel couve ses «petits» avec la constance d’une mère, et les suit fidèlement dans leur parcours professionnel. Un soutien inespéré pour les primés qui sortent chaque année des «Jeudis», et dont on retrouve le vainqueur la saison suivante en ouverture de manifestation.

Le Français Tanguy de Williencourt a joué et reçu le 13 octobre le Prix du Jury et le Prix du Public de l’édition passée. Mais il n’est pas inconnu pour autant. Déjà invité partout, de la Roque d’Anthéron à Berlin en passant par Saint-Pétersbourg ou Paris, il a étudié ou joué avec les plus grands chefs ou musiciens (Salonen, Queffélec, Badura-Skoda, Delunsch, Le Texier, Duchâble, Pires, Fontanarosa…), et il a reçu d’autres récompenses. C’est dire le niveau de la compétition genevoise.

Après lui, cinq autres pianistes monteront sur la scène de la Salle des abeilles du Palais de l’Athénée pour se faire entendre. Entre le 24 novembre et le 25 avril, ils présenteront une œuvre imposée dans leur choix personnel: la Fantaisie op.49 de Chopin. Jean-Paul Gasparian, Micah Mc Laurin, Célia Oneto Bensaid, Victoria Vassilenko et Victoire-Théodora Pruvost se présenteront devant les sept membres du jury répartis dans la salle pour plus de discrétion et de convivialité.

Sérénades au Palais, nouveauté sur scène

Mais en plus de ce cru traditionnel, une nouveauté est annoncée. Les Sérénades au Palais feront leur apparition sur la même scène le 31 octobre. Trois concerts originaux se destinent à lier de façon thématique la musique et d’autres disciplines.

La première soirée s’articulera autour de l’exil de Rachmaninov. Irina Chkourindina sera au clavier et le comédien Alain Carré retracera la vie du grand compositeur éloigné de sa chère Russie jusqu’à sa mort.

Le deuxième rendez-vous mettra en dialogue Hector Berlioz et Gustave Courbet, avec, aux côtés du Musée Courbet d’Ornans, la participation de Bernard Tétu, de la mezzo Marion Lebègue, de la soprano Léonie Renaud et de Christian Chamorel au piano (le 3 avril).

Le dernier échange étonnant se fera enfin entre un linguiste et un violoncelliste. Emmanuel Bigand et Daniel Grosgurin dialogueront sur le langage humain et celui de l’instrument. Un passionnant concert-débat où créativité, sensibilité, beauté et communication se retrouveront liées en gerbe (le 13 mars).


Les Jeudis du piano, Palais de l’Athénée salle des Abeilles dès le 24 novembre.

Les Sérénades au Palais, dès le 31 octobre. Rens: www.societedesarts.ch

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