Sarah est un peu anxieuse. Assise très droite sur sa chaise, les cheveux rangés en un gracieux chignon, elle attend que les organisateurs du Prix de Lausanne l'appellent pour confirmer son enregistrement au concours. «J'espère que j'aurai le temps de m'échauffer avant de participer au cours de danse contemporaine», soupire-t-elle.

Un peu plus près

des danseurs étoiles

«Pour les crampes que j'ai maintenant à l'estomac, je ne m'inquiète pas trop: je sais qu'elles partiront quand j'aurai commencé à danser.» C'est la première fois que cette Australienne de 16 ans participe à un concours international de danse, comme la plupart des 123 inscrits au Prix de Lausanne.

Parmi les vingt-huit nationalités présentes, l'Australie compte dix-huit candidats, le pays le mieux représenté étant le Japon avec vingt-huit participants. Six Suisses, cinq filles et un garçon figurent également dans la compétition. Durant une semaine, ces jeunes danseurs âgés de 15 à 17 ans vont présenter des variations classiques, contemporaines et libres. Au fil des jours, ils seront éliminés par un jury et seuls une quinzaine d'entre eux figureront dans la finale publique de dimanche. Six bourses d'études et trois stages, tous valables pour un an dans une école de danse ou une compagnie réputée, récompenseront alors les meilleurs finalistes.

Pour Sarah, qui a commencé la danse à l'âge de 2 ans et demi, le Prix de Lausanne est une occasion unique de rencontrer des danseurs étoiles. De son côté, Min, venue de Thaïlande avec son professeur japonais, s'enthousiasme à l'idée de voir d'autres ballets, un spectacle rare dans son pays.

Les sourires enfantins

se figent

L'enregistrement du premier groupe de jeunes filles s'est terminé. Les manteaux d'hiver sont tombés et les danseuses aux silhouettes graciles s'échauffent en justaucorps et collants noirs ou blancs. Sur la grande scène du Théâtre de Beaulieu, elles vont suivre le premier cours prévu par le programme: une leçon de danse contemporaine.

Une fois sous les projecteurs, les visages, rieurs et enfantins tout à l'heure, se figent soudain sous la concentration, les corps sont maîtrisés. Face à elles, le professeur esquisse des mouvements, fidèlement reproduits par les danseuses.

Le plaisir d'être sur scène

Le rythme et la complexité de la chorégraphie s'accélèrent peu à peu, et les jeunes filles se laissent entraîner par la musique de l'accompagnateur. Celui-ci, tantôt pianiste, puis joueur d'harmonica et de tambourin arrache quelques sourires en improvisant des mélodies inattendues.

A la sortie de la leçon, les danseuses arborent une mine réjouie qui paraît décrire leur plaisir d'être sur scène et de travailler assidûment leur corps. De l'échauffer, de l'éprouver pour atteindre la finale, dimanche.

Prix de Lausanne, Théâtre de Beaulieu, Lausanne, les 27 et 28 janvier. Location: Billetel.

Site Internet: www.prixdelausanne.org