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Laura Couto Rosado, Sweet Nugget,  série  Quantum Nuggets , 2018. Projet réalisé en collaboration avec le CERN. L'une des œuvres d'art choisies par l'équipe de…
© Laura Couto Rosado ©

Exposition

Quand les jeunes jouent aux curateurs

Au Centre des arts de l’Ecole Internationale de Genève, une équipe d’élèves a élaboré une exposition sur le thème de l’évolution. Celle-ci révèle des parti-pris étonnamment affirmés

On ne voit le plus souvent d’une exposition que les produits finis, les œuvres parfaitement installées dans l’espace, ou le catalogue fraîchement imprimé. La production d’une exposition est pourtant le fruit d’une longue chaîne de travail, qui implique des taches aussi différentes que la direction artistique, la scénographie, la médiation, la recherche de financement ou la régie des œuvres.

Travailler sur l’objet «exposition» peut donc être un formidable outil pédagogique, permettant d’approcher le monde de l’art avec un point de vue différent, à la fois critique et collectif. Les écoles supérieures d’art ne s’y trompent d’ailleurs pas. Elles hébergent des espaces d’exposition, comme LiveInYourHead à la HEAD — Genève, ou font travailler leurs étudiants sur des projets curatoriaux.

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Et c’est à partir de ce même constat que s’est élaboré à l’Ecole internationale de Genève le projet pilote qui a abouti à l’exposition Evolutions, visible au Centre des arts jusqu’à la fin du mois. Emmené par Manuel Fadat, artiste et enseignant, un groupe d’apprentis curateurs, constitués d’une dizaine d’élèves âgés de 15 à 16 ans a travaillé, depuis juin 2017, à la production de cette exposition.

Ils ont pris contact avec la scène locale, visité ateliers et expositions, élaboré une thématique de travail –l’évolution –, défini des méthodes de sélection des artistes et des œuvres et travaillé sur la mise en espace ainsi que sur la médiation de l’exposition.

Il en résulte une exposition collective réunissant sur deux étages une dizaine d’artistes, pour la plupart liés de près à la scène locale. Et l’expérience est concluante. La sélection des œuvres, réalisée à partir d’un appel à projets, est précise, et articule des problématiques liées à l’art et la science dans des projets à forte dominante de recherche, comme le travail de Maxime Bondu ou Laura Couto Rosado.

Respect de la parité chez les artistes

On y décèle également des parti-pris curatoriaux déjà affirmés. S’éloignant de toute approche trop littérale du contenu des œuvres, l’équipe curatoriale a ainsi choisi d’installer celles qui sont porteuses d’un imaginaire tellurique à l’étage, et celles qui sont marquées par l’idée de cosmos au rez-de-chaussée.

On pourra enfin souligner le respect de la parité dans la liste des artistes choisis, un fait suffisamment rare dans le monde de l’art aujourd’hui pour être remarqué, et pour sembler prometteur. Car ces autres manières de travailler, qui se construisent au sein des nouvelles générations, sont, elles aussi, les symptômes d’une évolution.


«Evolution(s)», Centre des arts – Ecole Internationale de Genève, jusqu’au 30 juin

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