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Les jeux vidéo changent d’écran

En 2016, «World of Warcraft», «Angry Birds» et «Assassin’s Creed» tentent le grand saut en passant au cinéma. Ceux qui s’y sont essayés se sont tous cassé les dents

On connaissait le jeu vidéo adapté d’un film ou d’une série télé, genre aux fortunes diverses, heureuses (Batman, The Walking Dead) et malheureuses (E.T., Matrix). On connaissait aussi le flux inverse, le jeu vidéo porté au cinéma. Mais là, les entreprises relèvent toutes de la catastrophe industrielle. Super Mario Bros avec Bob Hoskins dans le rôle du plombier moustachu et Dennis Hopper dans celui de l’épouvantable Bowser n’ont pas laissé de souvenirs impérissables. Pas plus que Jake Gyllenhaal incarnant le Prince de Perse ou Angelina Jolie enfilant le short moulant de Lara Croft.

Même les deux Final Fantasy, pourtant portés par le dernier cri des techniques d’animation 3D, peinaient à passionner les foules, désormais assises sans rien faire à regarder agir leurs personnages favoris. Un passage du mode actif à passif qui explique aussi ces échecs successifs, le spectateur ne retrouvant pas au cinéma l’excitation ludique du jeu vidéo. La critique souvent assassine et les fans qui ne répondent pas forcément au rendez-vous ont fini par enterrer l’affaire. Aidés en cela par Uwe Boll. Le réalisateur allemand s’était fait une spécialité de ce type de portage. Sa longue liste de ratages a surtout réussi a lui mettre tout le monde à dos.

Public élargi

Et voilà qu’en 2016, arrive l’avalanche. Jamais on n’aura tant vu des jeux vidéo passer du petit au grand écran. Les raisons? Le succès de l’animation 3D qui se multiplie comme les pains aux Noces de Cana et surtout le fait que depuis l’apparition des smartphones, le public du jeu vidéo c’est spectaculairement élargi, promettant de juteux retours sur investissement. Même si Warcraft: le commencement, Angry Birds et Assassin’s Creed ont également en commun d’exploiter des licences anciennes dont certaines atteignent la date limite de péremption vidéoludique.

Il faut dire que dans le lot de ces sorties se trouve un serpent de mer, une arlésienne qui aura mis dix ans à voir le jour. L’adaptation du jeu de rôle en ligne World of Warcraft (WoW) traîne depuis 2006. Empruntée aux grandes épopées de l’heroic fantasy, la mythologie complexe du jeu revient ici à ses sources. Le synopys? Les Orcs de la Horde s’allient aux humains de l’Alliance pour sauver leur peuple des forces démoniaques du Conseil des Ombres. Autant dire que la communauté est dans les starting-blocks. Une communauté qui, soit dit en passant, a fortement diminué depuis trois ans, passant de 10 millions de joueurs en 2013 à 6 millions en 2015. La sortie du film ainsi qu’une nouvelle extension du jeu, la quatrième prévue en mars 2016, devrait ainsi remplumer les troupes.

Plus hasardeux, Clay Kaytis, ancien animateur chez Disney/Pixar, se lance dans l’adaptation d’Angry Birds, les oiseaux fâchés qui se catapultent sur leurs ennemis jurés, des cochons rétifs. Phénomène du petit jeu qui cartonne sur les écrans tactiles des smartphones, son créateur est depuis quelques années à la peine. Certes, son jeu se décline dans tous les produits dérivés possibles (Monopoly, version Star Wars), mais les Finlandais de Rovio Mobile ont les piafs qui leur collent à la peau. D’où l’obligation de faire fructifier ad nauseam ce capital. Ce qui, pour les affaires, n’est jamais très bon.

Casting poids lourds

Le 21 décembre, ce sera au tour d’Assassin’s Creed de passer en salles. Ici, pas d’images de synthèse pour adapter la série à succès de l’éditeur français Ubisoft, mais un casting poids lourds avec Michael Fassbender et Marion Cotillard dans les rôles principaux. Assassin’s Creed, c’est l’histoire d’une organisation qui renvoie ses agents influer la grande Histoire du passé. Transporté à l’époque des Croisades, le héros à capuche du jeu a ensuite traversé la Renaissance de Florence, embarqué sous le pavillon noir des pirates, revisité l’Indépendance américaine, participé à la Révolution française et tout récemment combattu le crime dans le Londres de la reine Victoria. Visuellement épatante, la saga change à chaque fois de décor sans varier l’action d’un iota. Le scénario du film reste pour l’instant un mystère, tout comme la sortie d’un septième volet du jeu qui joue au yo-yo avec le temps.

«Angry Birds», sortie le 11 mai

«Warcraft: le commencement», sortie le 25 mai

«Assassin’s Creed», sortie le 21 décembre

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