Parmi les dizaines de légendes qui rôdent à Essaouira autour de la venue de Jimi Hendrix (le fait qu’il aurait acheté le village voisin de Diabat, qu’il aurait cherché à adopter sur place un enfant, qu’il aurait fait le bœuf au Café du Port), il reste un fait marquant: le guitariste américain serait bel et bien passé par le bourg côtier en 1969. Et il a donc, à sa manière discrète, ouvert une longue tradition de collaborations entre les gnawas et des musiciens étrangers, captivés par ces sons.

Souvent, on a vu à Essaouira Robert Plant, chanteur frisé de Led Zeppelin, qui a même enregistré avec le guitariste Jimmy Page en 1994 le fruit de ses œuvres avec les gnawas (No Quarter). Bien avant cela, à la fin des années 60, l’immense pianiste de jazz américain Randy Weston est tombé raide pour le Maroc et a enregistré nombre de rencontres intenses avec les gnawas, dont The Spirits of Our Ancestors. L’essentiel des musiciens qui ont croisé le fer (des castagnettes) avec cette confrérie provient donc du jazz.

Comme par exemple, le pianiste cubain Omar Sosa, invité cette année par le festival, qui enregistrait en 2002 une première rencontre avec des musiciens d’Essaouira (Sentir). Nombre de fusions contemporaines ont annexé la transe particulière des gnawas, dont le groupe Gnawa Diffusion ou, plus récemment, l’un des meilleurs groupes de scènes du moment: Aziz Sahmaoui & University of Gnawa.

Pour la musique originale, débarrassée de la légitime fascination des visiteurs, il faudra écouter la sublime compilation Gnawa Home Songs (2006, Accords Croisés).