Sur la pochette de son dernier album, Organizm, Jimi Tenor traverse un paysage tropical aux couleurs saturées. Le multi-instrumentiste finlandais à la voix aigre et swingante ressemble à un héros de film de série Z, zazou décalé perdu dans un univers moite et pervers. Une image qui convient bien à la pop totalement dadaïste de ce crooner nordique qui a quitté Helsinki, ses bars à bière et son ennui, pour s'établir à Barcelone. Depuis, la musique de Jimi Tenor s'est faite plus colorée, plus mélodieuse aussi.

Si, par le passé, le Finlandais composait des comptines salsa électroniques et minimalistes, aujourd'hui il revendique autant l'héritage d'Yma Sumac, de Marvin Gaye ou de Gary Glitter que celui des précurseurs de la musique techno.

Classé trop vite dans la catégorie des rénovateurs de l'easy listening, Jimi Tenor refuse cette étiquette. Ses mélodies sucrées, truffées de sonorités sixties acides, sont autant de critiques de l'univers bubblegum de la variété pop. Derrière ses lunettes d'Andy Warhol autiste, Jimi Tenor cache un regard cynique sur la société qui l'entoure.

Miles Davis Hall, samedi 10 juillet