Joaquim Vital. Adieu à quelques personnages. Ed. de La Différence, 352 p.

Sous un titre presque ramuzien, le fondateur des Editions de La Différence se souvient de quelques-uns des êtres «attachants ou odieux, guillerets ou atrabilaires, discrets ou hauts en couleur» qu'il a rencontrés et dont le seul dénominateur commun est d'avoir aimé les livres. Cela va du poète portugais Edmundo de Bettencourt, disparu en 1973, au critique d'art français Pierre Restany, mort en 2003. Cette quarantaine de portraits suit l'ordre chronologique dans lequel ils sont intervenus dans la vie de l'éditeur, dont ils esquissent ainsi une autobiographie parcellaire puisque nombre d'autres acteurs sont, eux, encore en vie. Certains sont croqués ici avec férocité (Julien Green, César), la plupart de manière contrastée, les bons souvenirs se mêlant aux mauvais. Rares sont ceux pour qui, tel Francis Bacon, l'admiration l'emporte. Parmi les Suisses figurent Tinguely et Niki de Saint Phalle, ainsi qu'un inattendu Max Bill, franc, disponible et d'une gentillesse qui éberlue son invité. Deux personnages dominent par leur originalité irréductible: le poète et critique Patrick Waldberg, qui a baptisé La Différence, et Maurice Girodias, un des modèles d'éditeur de Vital.