Etats-Unis

Joe Biden, la très longue attente

Le démocrate centriste a confirmé jeudi ses ambitions présidentielles, tandis que son image est écornée par des accusations portées par des femmes. Il reste toutefois le grand favori des sondages

Quel est le meilleur moment pour confirmer son appétit pour la Maison-Blanche? Cette question, Joe Biden a dû se la poser de nombreuses fois et, au final, il aura peut-être trop attendu. Depuis des semaines, les sondages le donnent favori pour la primaire démocrate à l’élection présidentielle de 2020. Populaire, l’ancien vice-président sous Barack Obama pouvait se permettre le luxe d’attendre, d’observer les autres candidats sortir du bois. Et laisser passer l’agitation autour de la publication du rapport Mueller sur l’enquête russe. Une stratégie payante? A force de laisser l’eau couler sous les ponts, c’est en pleine polémique qui ternit son image qu’il a finalement officialisé sa candidature ce jeudi: six femmes l’accusent de gestes déplacés.

«Attitude paternaliste»

Les accusatrices lui reprochent des gestes trop intimes et familiers, mais pas des agressions sexuelles. L’une évoque un curieux baiser sur les cheveux, une autre un nez frotté contre le sien. Le très tactile Joe Biden parle de «marques d’affection»; ses accusatrices ont d’autres mots à la bouche: «attitude paternaliste», «misogynie» et «sexisme». Alors que son équipe dénonce une campagne de «calomnies et de manipulations», Joe Biden a tenté de s’en expliquer dans une vidéo. Maladroitement. Pas d’excuses, mais une prise de conscience du fait que les «normes sociales» ont changé. La vidéo a rapidement été moquée par Donald Trump et a donné lieu à un vif échange sur Twitter.