Livre

Avec Joël Dicker, sur les rives de Baltimore

Dans le livre du Genevois, à paraître le 1er octobre, on retrouve Marcus Goldman. Le héros de «La Vérité sur l’affaire Harry Quebert» s’intéresse cette fois-ci à sa propre famille

Avec Joël Dicker, sur les rives de Baltimore

Lettres Dans le livre du Genevois, à paraître en octobre, on retrouve Marcus Goldman

Le héros de «La Vérité sur l’affaire Harry Quebert» s’intéresse cette fois-ci à sa propre famille

Joël Dicker ne quitte pas la côte Est. Le Livre des Baltimore, son prochain roman, en librairie le 1er octobre, se situe toujours à flanc d’océan. Et l’on retrouve surtout Marcus Goldman en personne, le héros de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert. Le roman est encore sous forme d’épreuves et n’a pas quitté les bureaux de l’éditeur parisien Bernard de Fallois. Mais un résumé, à destination des professionnels de la chaîne du livre, circule, sous cape.

Bernard de Fallois, bientôt 90 ans, grand éditeur s’il en est, à qui l’on doit les grands succès de Raymond Aron (avec ses Mémoires), de Françoise Chandernagor, Jacqueline de Romilly ou encore Robert Merle, reste très calme avant le lancement du troisième ouvrage de son poulain: «Je n’ai jamais douté que Joël Dicker parviendrait au bout de ce nouveau livre. On pouvait craindre qu’il soit fatigué, gêné par l’énormité du succès, mais pas qu’il en vienne à connaître la panne sèche. C’est quelqu’un qui ne cesse pas d’écrire. D’ailleurs, au moment de la parution de son premier roman, il en avait quatre ou cinq autres dans ses tiroirs. Sa personnalité est à la fois très équilibrée et très créative. Il invente tout le temps. Et son désir d’écrire est très fort. Je savais donc qu’il allait surmonter tous les obstacles pour terminer son nouveau livre.»

Si l’on insiste tant sur une hypothétique panne sèche de Joël Dicker, c’est que son héros, Marcus Goldman, en connaît une magistrale dans La Vérité sur l’affaire Harry Quebert. Pour celles et ceux qui auraient perdu le fil (ou ne l’auraient jamais cherché), le roman débute avec un jeune écrivain qui n’arrive plus à écrire après un premier livre au succès colossal… D’abymes en abymes, il finit par écrire son livre, en tenant le lecteur par le collet.

Dans Le Livre des Baltimore, Marcus Goldman s’attelle au roman suivant. Il quitte pour cela New York et son hiver glacé pour la touffeur tropicale de Boca Raton en Floride. C’est là qu’il décide d’écrire sur sa propre famille. Marcus vient des Goldman de Montclair: classe moyenne, maison banale à Montclair, petite ville dans la banlieue de New York. Rues à la Hopper, avec maisons de briques. Marcus a grandi dans la fascination pour l’autre branche de la famille, les Goldman de Baltimore, le grand port sur l’Atlantique, porte d’entrée historique pour de nombreux migrants. Ces Goldman-là habitent une grande demeure somptueuse dans la banlieue riche de la ville. L’oncle Saul est un avocat de renom. Tante Anita est médecin à l’Hôpital John Hopkins. Il y a aussi Hillel, leur fils, provocateur inspiré, et Woody, fils adopté par le couple, sauvé des gangs et qui rêve d’une carrière dans le football.

On devine là, dans ce portrait de famille, une verve à la Woody Allen que Joël Dicker avait tout juste esquissée dans La Vérité sur l’affaire Harry Quebert avec le personnage de la mère (étouffante, gigantesque, insupportable) de Marcus Goldman. Marcus-Joël Dicker va peindre cette famille dans son lustre, telle qu’il la percevait avec ses yeux d’enfant. Avec les années, le vernis s’est fissuré. Jusqu’au drame, survenu huit ans auparavant. Tout a alors basculé. Marcus veut comprendre.

En 2012 à Genève, alors que La Vérité sur l’affaire Harry Quebert , commençait tout juste sa folle carrière, Joël Dicker expliquait qu’il se voyait bien poursuivre dans la veine américaine. Le long de cette côte Est où lui-même a passé tant de vacances, enfant. A rêver, à s’imaginer des destins. Il parlait de croisement d’énergies, la sienne alors et celles des adultes qu’il y retrouvait, des artistes, des intellectuels, dans la liberté de l’été. Joël Dicker, en 2012, savait qu’il avait encore tellement d’images de cette période, de cette région, qu’il n’était pas au bout de son inspiration.

Marcus vient des Goldman de Montclair: classe moyenne dans une petite ville de la banlieue de New York

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