Le 8 décembre prochain, cela fera 40 ans que John Lennon, le fondateur des Beatles, est mort assassiné à New York, à l’âge de… 40 ans. Retour, toute cette semaine dans «Le Temps», sur le parcours d’un des artistes les plus populaires du XXe siècle.

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C’est plein de colère et de ressentiment que John Lennon aborde les années 1970. Il s’épanche dans Rolling Stone: «On doit s’humilier complètement pour être ce que les Beatles étaient, et c’est pour ça que j’ai de la rancune […] Ça s’est passé progressivement, pièce par pièce, jusqu’à ce que cette folie complète vous enferme et que vous fassiez exactement ce que vous n’avez pas envie de faire avec les gens que vous ne supportez pas, les gens que vous haïssiez quand vous aviez 10 ans. Vous les connards, allez vous faire foutre, tous.»

Au mitan des années 1960, John Lennon s’est émancipé progressivement du groupe qu’il avait fondé. «Ma rencontre avec Yoko, c’est comme quand on rencontre sa première vraie femme. On délaisse les types au bar, on ne va plus jouer au billard ou au flipper. A partir du jour où j’ai trouvé la femme, les Beatles n’ont eu d’autre intérêt pour moi que d’être pareils à de vieux amis. Oui, ma bande n’a plus existé…» Dans son exaspération, il renie bruyamment ce qu’il a adoré: «Des gros salopards, c’était ça, les Beatles. Il faut être un salaud pour réussir, c’est un fait. Et les Beatles étaient les plus gros salauds du monde.» Il ne pardonne pas à Paul et à George leur hostilité envers Yoko.