John R. Searle. Liberté et Neurobiologie. Trad. de Patrick Savidan. Grasset, Nouveau Collège de philosophie, 106 p.

Depuis plus de trente ans, le philosophe américain John Searle essaie de dépouiller de leur aspect mystérieux nombre des questions les plus opiniâtres de l'histoire de la philosophie: le langage, l'esprit et, plus récemment, la société. Toujours, le même style faussement naïf de celui qui semble faire table rase de tout ce qui le précède et cet air d'avoir découvert l'œuf de Colomb. On ne sait si cette naïveté est feinte, ou simplement caractéristique d'une amnésie typiquement américaine, qui ignore que la philosophie a une histoire. On ne saurait en revanche ignorer la puissance d'analyse de cette démarche, comme en témoignent encore ces deux conférences prononcées en Sorbonne. Searle y interroge d'abord le problème du libre arbitre sous les conditions de la neurobiologie, sans arriver à un résultat vraiment conclusif: il énonce plutôt les conditions auxquelles le libre arbitre pourrait être dit possible. Dans la seconde, il poursuit sa réflexion sur la nature de la société, en se consacrant plus précisément à la question du pouvoir politique, une question qui était restée dans l'ombre dans La Construction de la réalité sociale (1996).