Chanson 

Johnny, le volet suisse

Johnny Hallyday a eu une relation continue avec la Suisse, où il a même établi sa résidence principale durant sept ans, de 2006 à 2013, à Gstaad, afin de bénéficier d’un forfait fiscal

Il a 11 ou 12 ans lorsqu’il met pour la première fois les pieds en Suisse. Le jeune Johnny Hallyday accompagne ses deux cousines, danseuses au Bataclan, dans la Vieille-Ville de Genève. Il loge à l’Hôtel de la Cigogne et occupe ses journées en prenant des cours de guitare classique dans la cité de Calvin.

«Il y a un vrai public pour lui en Suisse romande et il a inauguré tout ce que l’on peut inaugurer ici», raconte Didier Dana, journaliste à L’Illustré, bouclant tout juste un numéro spécial sur le chanteur légendaire. Le Stade de Genève, l’Arena, le Forum de Fribourg, le stade de Tourbillon ou de Neuchâtel, il les a baptisés. La star du rock français a chanté pour la première fois en Suisse, à Gstaad et à la Salle communale de Nyon à 18 ans, a donné plusieurs dizaines de concerts en Suisse tout au long de sa carrière, et a été programmé dans nos plus grands festivals.

Salué par les plus réfractaires

Le Montreux Jazz l’a en effet accueilli en 1988, le festival de Leysin en 1991, le Paléo Festival de Nyon en 1996 et en 2015. Sa dernière apparition en Suisse romande date d’août dernier, dans le cadre de la tournée des Vieilles Canailles, avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Jacques Monnier, le programmateur du Paléo, se souvient du concert de 1996 sous une pluie battante.

«Une soirée angoissante, car son producteur voulait arrêter le concert, de peur que Johnny s’électrocute. Le chanteur était entré sur scène avec cette déclaration qui est devenue une boutade au Paléo: «Bonsoir Genève!» Le souvenir du concert de 2015 est meilleur. «Pour les 40 ans du festival, je voulais le faire revenir. Dans le milieu du rock, les gens étaient sceptiques et me chambraient. Mais il nous a fait un show somptueux, plus dans le blues et le rock que dans la variété. Il a embarqué les plus réfractaires avec lui.»

«A la Brigitte Bardot»

En 2006, il s’installe à Gstaad où il bénéficie d’un forfait fiscal, déclarant en avoir «marre, comme beaucoup de Français, de payer ce qu’on nous impose comme impôts». Il y restera jusqu’en 2013, où il devient résident fiscal à Los Angeles, où ses deux plus jeunes filles sont scolarisées. A l’époque, il se confie à Didier Dana qui l’a personnellement rencontré une dizaine de fois dans sa carrière.

«Il me disait qu’il était à Gstaad dès qu’il ne travaillait pas, mais c’était un type qui bossait tout le temps. Sa grande inquiétude était de ne pas savoir de quoi demain serait fait, alors il travaillait sans arrêt.» Avec le journaliste, le rockeur est «très disponible, très poli, incroyablement présent». «A la Brigitte Bardot, c’était quelqu’un qui répondait toujours franchement aux questions. Il était chaleureux, on ne se rendait pas compte d’être face à un tel monstre en étant près de lui. Je vais vous dire, les gens n’ont pas fini de le pleurer.»

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