Le comédien suisse Bruno Ganz a été récompensé par la commission culturelle du canton de Zurich qui lui décernera sa médaille d'honneur le 19 novembre à Winterthour. Ce couronnement ponctue un mois d'août qui aura été, décidément, le «mois Bruno Ganz». Membre du jury officiel du Festival de Locarno il y a quelques jours, l'acteur était également le sujet d'un portrait filmé, «Behind me» mit Bruno Ganz, du documentariste bernois Norbert Wiedmer. Ce film, qui n'a pas de date de sortie romande, était projeté dans la Semaine de la critique.

Formé au Schauspielhaus de Zurich, Bruno Ganz connaît une popularité internationale depuis les succès de certaines de ses grandes interprétations pour le cinéma: La Marquise d'O d'Eric Rohmer (1976), L'Ami américain (1976) et Les Ailes du désir (1987) de Wim Wenders, Dans la Ville blanche d'Alain Tanner (1983) ou encore Pane e Tulipani de Silvio Soldini (2000). En parallèle, le comédien s'est fabriqué une solide réputation dans le monde du théâtre: il a brûlé les planches des plus prestigieuses scènes germanophones.

Avec, toujours, la simplicité dont Alain Tanner se souvenait récemment (Le Temps du 24 août): «J'étais à l'hôpital, en convalescence depuis six mois. Le seul soir où je ne me suis pas endormi gavé de somnifères, la télévision passait un film avec Bruno Ganz. J'ai compris que j'avais trouvé le personnage de Dans la Ville blanche. Je n'avais pas de scénario sinon un canevas écrit entre 9 heures du matin et midi. J'ai appelé Ganz. Il m'a demandé de quoi il s'agissait. J'ai dit: «D'un marin qui a perdu son bateau.» Il m'a dit d'accord sans rien demander de plus!»