S’imposer comme écrivain majeur dans une île où l’adage prétend qu’une moitié du pays lit ce que l’autre moitié écrit? Un long chemin semé d’obstacles, et pourtant: Jon Kalman Stefansson a fini par devenir une référence contemporaine de la littérature islandaise, chez lui et bien au-delà des mers arctiques. Il s’est fait connaître au niveau international dans les années 2007-2011 avec sa trilogie Entre ciel et terre, La Tristesse des anges, Le Cœur de l’homme (Gallimard). Puis a suivi le diptyque, D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds et A la mesure de l’univers, et, en 2018, Asta (Grasset). A chaque fois, sa plume, d’une densité lyrique très reconnaissable, dissèque l’humanité dans ses travers les plus tordus comme ses lumières les plus intenses.

Lumière d’été, puis vient la nuit est paru en Islande en 2005 et fait partie des six romans publiés avant la trilogie. On retrouve ici cette alternance entre coups de couteau dans le cœur et emballements extatiques devant les riens de l’existence. Les personnages déploient une énergie magnétique dont on a du mal à se défaire. L’envie de relire le livre s’impose dès la dernière phrase achevée.