Qu’imaginer de plus révélateur que la famille d’un pasteur pour illustrer la lutte entre le bien et le mal? Le bien que l’on aimerait incarner et le mal que l’on finit par faire? Quel meilleur cadre, enfin, qu’une banlieue proprette de Chicago pour mettre en scène les affres que ce combat perdu d’avance inflige à la mauvaise conscience de l’homme de foi et de ses proches? Dans Crossroads, Jonathan Franzen déroule lentement mais sûrement cette chute inéluctable. L’auteur des Corrections le fait avec toujours autant de maîtrise dans l’art du personnage, du rebondissement intime et du sourire en coin. Et toujours avec une certaine tendresse pour la nature humaine, malgré tout.