«De culture française et de passeport américain.» Ainsi répond Jonathan Littell, lauréat du Prix Goncourt 2006 pour Les Bienveillantes, quand on lui demande sa nationalité. Depuis plusieurs années, l'écrivain polyglotte, qui a choisi d'écrire son premier roman en français, essaye de faire coïncider culture et passeport. Mais par deux fois, ses demandes de naturalisation française ont été refusées. Est-ce que le Prix Goncourt aurait permis de relancer le processus administratif et de pallier le fait que l'écrivain ne vit plus en France mais en Espagne, à Barcelone?

Le gratuit Métro puis Le Figaro littéraire ont relayé ce bruit en s'appuyant sur les dires de Gallimard. Contactée, la maison d'édition conteste avoir annoncé quoi que ce soit sur la naturalisation de son poulain pour la simple et bonne raison que «ces questions relèvent de la sphère privée de l'écrivain».

Jonathan Littell détient le fin mot de l'histoire: «Ces informations sont inexactes. Je n'ai pas la nationalité française et n'ai pas encore pris de décision quant au fait de réengager une procédure ou non.»

Né à New York en 1967 de parents américains (Robert Littell, son père, est l'auteur de thrillers sur la Guerre froide et la CIA), Jonathan Littell est arrivé en France à l'âge de 3 ans. Après une enfance dans le Lot, il a fait ses classes secondaires au Lycée Fénelon à Paris. Il retourne aux Etats-Unis pour faire ses études universitaires à Yale, puis commence un parcours de logisticien pour l'ONG Action pour la faim, des Balkans au Rwanda. En 2001, il arrête tout pour écrire Les Bienveillantes. Aujourd'hui, il se dit prêt à vivre n'importe où sauf aux Etats-Unis.