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Pour sa première saison complète à la tête de l'OSR, Jonathan Nott célébrera le centenaire de l'orchestre à travers l'ouverture vers le futur et l'approfondissement des valeurs fondatrices d'Ernest Ansermet. 
© Enrique Pardo

Classique

Jonathan Nott à la croisée des chemins pour le centenaire de l’OSR

La célébration historique de la naissance de l’orchestre place le chef britannique en héritier d’Ernest Ansermet. Comme le fondateur, il veut honorer le présent en se tournant vers l’avenir

La journée s’annonce intense pour Jonathan Nott. Vendredi matin, la course des journalistes bat son plein avant la grande présentation publique de la saison du centenaire de l’OSR. Au Victoria Hall, caméras, micros et public accueillent l’événement. Et pendant la soirée inédite, l’orchestre ponctue sur scène les interventions des responsables et autres invités. Une occasion rare et idéale pour le chef de faire le lien entre passé, présent et futur.

Lire aussi: La saison du premier siècle

Le Temps: Quels aspects de la personnalité d’Ernest Ansermet vous semblent les plus marquants?

Jonathan Nott: C’était un homme très engagé, passionné, d’une intelligence aiguisée et d’une grande culture, doté d’une volonté remarquable et d’une grande précision dans la lecture des partitions. Il défendait ses visions avec ferveur: inscrire son orchestre dans le lot des grands, le faire sans cesse progresser et rayonner. Et surtout lui faire aussi porter un répertoire qu’il défendait sans réserve: la modernité. S’il est resté cinquante ans à la tête de l’orchestre, ce n’est pas seulement parce qu’il a fondé l’OSR. Mais aussi parce qu’il a accompagné son développement comme personne n’aurait pu le faire mieux que lui, dans une époque artistique fourmillante dont il a su dégager les forces.

Comment vivez-vous cette forme d’héritage à l’occasion du centenaire de la fondation de l’OSR?

Comme une chance magnifique, et une grande responsabilité. Celle de maintenir cet état d’esprit novateur et visionnaire en ouvrant l’orchestre encore plus sur le monde. D’encourager encore la virtuosité des musiciens et leur capacité à donner le meilleur, sans peur du risque. J’aimerais que le public et les musiciens se réunissent autour d’aventures et d’expériences musicales inédites, puissantes et profondément humaines.

Quelles sont vos visions?

Vivifier le passé, en sortant le répertoire de ses habitudes de jeu, pour en dégager la vitalité. Et apprivoiser l’avenir, en faisant découvrir des œuvres et des compositeurs qui renouent avec l’affectivité musicale. C’est aussi un des défis de notre métier. Dénicher les grands créateurs ou œuvres de demain. Ceux qui trouveront leur place dans le cœur du public pour longtemps. La fête doit être permanente. J’ai par exemple souhaité des rendez-vous thématiques de genre festivalier. Avec Brahms, notamment, qui servira d’inspirateur pour trois programmes autour de la deuxième école de Vienne. Dégager des relations intimes dans les programmes me tient beaucoup à cœur. La semaine anniversaire du mois de novembre proposera notamment une formidable rencontre d’œuvres et de musiciens.

Qu’en est-il des chefs invités?

C’est une grande part du travail de Magali Rousseau. Elle gère nos réseaux communs et a une grande connaissance des agendas des chefs. Nous en discutons. Pour le centenaire, nous avons tenu à ce que Marek Janowski et Pinchas Steinberg reviennent au pupitre, par exemple. Ces chefs ont compté dans la vie de l’OSR, qu’ils ont dirigé. Pour l’avenir, il est évident que ce sujet est important. Mais il dépend aussi beaucoup des disponibilités des directeurs musicaux en fonction des nôtres. Et l’OSR dispose de peu de temps libre avec ses activités lyriques. Un assouplissement de l’agenda avec le Grand Théâtre est à étudier.

Vos grands projets?

La jeunesse! On pourrait, en plus des activités en collaboration avec le DIP, ouvrir les répétitions pour les tranches d’âge de 4 à 16 ans. Et mon plus grand désir est que l’OSR devienne l’interlocuteur musical incontournable de Genève et de la Suisse. Qu’il s’impose comme un ambassadeur essentiel. La Cité de la musique doit permettre d’attirer l’attention internationale et de faire venir le monde à nous. De notre côté, nous devons absolument aller vers le monde. Les tournées et les enregistrements sont indispensables. Les passages aux Proms de Londres et au KKL de Lucerne en août représentent des moments très importants pour l’OSR. Les projets en Amérique du Sud et en Asie sont enthousiasmants. Mais nous devrons aussi reconquérir les territoires européens de façon plus régulière: Londres, Berlin, Vienne…


Saison 2018-2019: www.osr.ch, tél. 022 807 00 00

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