Il n’a fallu qu’une poignée de nouvelles – le recueil Fictions, paru en 1944 – pour faire de Jorge Luis Borges l’un des écrivains les plus influents du XXe siècle, mais aussi l’un des plus déroutants. Comme on l’a écrit à son sujet, Borges se mérite. Il a fait de la littérature un jeu, mais un jeu profond et implacable, puisqu’il se confond avec la réalité elle-même, dont il arpente les paradoxes. C’est pourquoi son œuvre est à la fois très intellectuelle et profondément ancrée dans les plis de l’expérience vécue, comme s’il y avait derrière celle-ci un mystère à percer et un secret à révéler, que seule la littérature serait en mesure d’assumer.