chanson

Joseph d’Anvers fort en peine

Le troisième album du chanteur français, «Rouge fer», se révèle grave et solaire

Genre: chanson
Qui ? Joseph d’Anvers
Titre: Rouge fer
Chez qui ? (Atmosphériques/Disques Office)

«Je suis cette femme…», ressasse Joseph d’Anvers dans «Ma peau va te plaire» en guise d’introduction mélancolico-panoramique. Avec force cordes du Budapest Symphony Orchestra, cette chanson sur l’abandon, écrite en son temps pour le Bleu pétrole d’Alain ­Bashung, place Rouge fer dans de hautes sphères. Solaires. Le troisième album du Français retrouve ensuite un rythme de croisière plus terre à terre, entre pop, rock et electro sur une prose où amour, absence, solitude et rupture s’ébattent encore. Epilogue majestueux et cinglant: «Je suis une des âmes solitaires/Lassée d’être face contre terre».

Entre-temps, une litanie de blessures indélébiles, Rouge fer donc. Et pourtant, le trouble tranchant des mots est contrebalancé par la conciliante clarté des compositions. Complice d’Arman Méliès ou de Dick Rivers, d’Anvers se plaît à alterner versants escarpés et accessibles. Synthétisant les humeurs bipolaires des Jours sauvages (autour des déprimes et matins blêmes, 2008) et des Choses en face (autour des addictions, 2006), mais privilégiant des pulsations plus frontales (groove ou glaçantes), Rouge fer avance sur des tempi rapides. Pour mieux planquer ses états d’âme post-traumatiques exhibés tant en français qu’en anglais: «La chute» ou «Radio 1». Si bien que l’album aurait pu se dénommer La Résilience, à l’image de l’un de ses titres plombés.

D’Anvers navigue habilement entre deux eaux, où refluent ses amours pop-rock anglo-saxonne (ESG ou Beck) et francophone (Taxi Girl ou Daho) sans lester le souffle propre à ses peines.

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