A quoi ça sert, un calendrier? Ça sert à compter – le nombre de jours qu’il vous reste à passer en quarantaine, par exemple. Ça sert aussi à se repérer dans la rumba cosmique du retour des saisons, au risque parfois d’écraser les pieds du temps. Exemple: en 1582, le pape Grégoire XIII décide de rattraper le retard accumulé par l’antique calendrier julien (qui comportait beaucoup d’années bissextiles) en le remplaçant par celui qui porte son nom: on passa alors, d’un coup d’un seul, du 4 au 15 octobre. Enfin, pas partout: la France d’Henri III ne fit le grand saut qu’en décembre. Mieux: au bout du Léman, on attendra 1701 pour se mettre à l’heure – le Registre du Conseil de la République de Genève indique clairement, pour le 16 janvier de cette année-là, l’adoption du «nouveau stile» de datation. Bref, Europe was lost in translation.