Tout est dans le titre: en 12 chapitres, Joachim Trier va dans son cinquième long métrage nous raconter la vie de Julie, ou du moins une petite période, avec son 30e anniversaire au cœur du récit, comme pour souligner qu’il est temps pour elle d’enfin devenir adulte. Car dans le prologue de Julie (en 12 chapitres), c’est une jeune femme totalement perdue que l’on découvre.

François Ozon en Compétition à Cannes: Les choses de la fin de vie

D’abord étudiante en médecine, elle va se découvrir une passion pour les choses de l’esprit et la psychologie, couchant au passage avec son prof tendance play-boy ténébreux, avant de se lancer dans des études de photographie, couchant au passage avec un mannequin version beau gosse un peu loubard. Mais c’est finalement dans une libraire qu’elle travaillera, tout en se mettant en ménage avec un dessinateur de bande dessinée. Le prologue s’achève, place au premier chapitre.

Mise en scène fonctionnelle

Les amis de son compagnon sont plus âgés et ont déjà fondé une famille. Très vite se pose alors la question des enfants. Première dispute. Dans le deuxième chapitre, Julie va s’incruster dans une fête de mariage et passer la nuit à parler amour et infidélité à un inconnu qu’elle retrouvera dans le cinquième chapitre. Et ainsi de suite, les chapitres se suivent, et Julie hésite toujours autant quant à l’orientation à donner à sa vie. Elle ne sait pas ce qu’elle veut mais le spectateur, lui, sent très vite poindre l’ennui.

Sur le film précédent de Joachim Trier: Thelma, une mutante sous le soleil de minuit

Cette sensation est d’autant plus désagréable que les précédentes réalisations de Joachim Trier en avaient fait – depuis Nouvelle Donne en 2006 – une des belles promesses du nouveau cinéma européen. En 2012, il racontait dans Oslo, 31 août une journée d’errance d’un ex-toxicomane partant à la recherche de ses fantômes. Las, il ne parvient guère ici à retrouver la profondeur psychologique qui faisait l’intérêt de son cinéma, sans parler d’une mise en scène purement fonctionnelle qui ne parvient jamais à transcender le récit.