Genre: CHANSON
Qui ? Julien Clerc
Titre: Fou, peut-être
Chez qui ? (EMI)

Le plaisant mais plan-plan Où s’en vont les avions? nous avait laissé souvent sur le tarmac. Fou, peut-être, 22e album studio de ­Julien Clerc en près de quarante-cinq ans de carrière, ravive des flammèches de plaisir. Une élégance mélancolique et un classicisme romantique innervent ce répertoire qui prend de grandes bouffées d’air pop («Hôtel des ­caravelles» ou «Les jours entre les jours de pluie») entre de rares ­interludes plus intimistes (touchant piano-voix de «L’amour prend tout» ou le maussade «Les dégâts»).

Le vibrato identifiable entre mille de Julien Clerc opère avec charme et presque discrétion sur les douze titres confiés à des plumes amies ou fidèles (Aznavour, Dabadie, Le Forestier, Manset) et inédites (Julien Doré, Alex Beaupain). En indéfectible chef de clinique, Clerc signe toutes les compositions de Fou, peut-être et évite habilement les chausse-trapes: en ne plombant pas par exemple la gravité du handicap esquissée au long de «Sur la plage, un enfant» ou en optant pour des syncopes endiablées pour le chagrin «Où est-elle?».

Les autres temps forts de l’album arrangé par Philippe Uminski (chanteur lui aussi comme Benjamin Biolay ayant œuvré sur Où s’en vont les avions?) passent par «Les souvenirs» (Aznavour se penchant sur son dada), «Le temps d’aimer» (Dabadie), «Fou, peut-être» (Le Forestier) qui évoque en creux une ­paternité tardive éprouvée et l’oxymoron «La nuit, c’est tous les jours» (Beaupain).